carnet, 2026



1 Janvier

Le temps est toujours miraculeusement au beau. Quelques nuages effilochés font grappes dans les lointains. Sur la plage de l’Opéra on a dû faire la fête cette nuit. Des ballons de couleurs se dressent ainsi que des fanions qui font bel effet comme contrepoint aux nuages. Une mendiante (sud-américaine ?) réussit à me soulager de dix euros…

Comme tous les premier de l’an, une sorte de tristesse se pose sur ce jour de début d’année nouvelle.

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5 Janvier

A Bernard :

Ce ne sont pas des vitraux nouveaux. Je les ai extraits du fameux « polyptique de Jérôme Bosch ». Et si même je voulais en faire de pareils, je ne pourrais plus n’ayant plus les mêmes outils que dans le portable précédent. A moins de passer par d’autres combinaisons, mais je n’ai pas encore trouvé. Donc, plus de petite renarde, plus de polyptiques etc. Idem avec la suppression du « paint » d’il y a 10 ans. C’est à croire, qu’arbitrairement les ingénieurs remplacent pour faire du nouveau en soi, éliminant de beaux outils. On devrait toujours demander une démonstration quand on achète un nouveau modèle. Mais on ne le fait pas, ou les supposés vendeurs ne sauraient donner les indications de base. Quant aux « mode d’emploi » (fait par des ingénieurs), mieux vaut d’abord parler leur langue ou prendre des cours de compréhension première… Voilà, pour te dire que plus on avance, plus on élague des données qui m’étaient familières.
Pour les Marchand « maison », les vitres de protection sont vraiment un obstacle. Je vais tenter de déplacer, de trouver un éclairage pénalisant le moins possible la vision optimum. Pour l’intro, il suffira de modifier à peine ce qui avait été écrit à propos de l’expo de Saint Jean en 2019. Ecrit en 2 parties, relatant 1) l’expo elle-même, et 2) une vieille intro que je trouve toujours valable. Tu me diras ce que tu en penses. Page 138 de l’original – année 2019 du Carnet – (si tu l’as encore), sinon au 16 Juillet 2019. Cela tiendrait en 2 pages (pour une intro c’est suffisant). Par contre, on pourrait mettre en valeur le nombre impressionnant d’œuvres de l’artiste, tant aux EU qu’en Suède ou dans les coll. particulières (une pleine page au moins). Les lettres de Mme Valore-Utrillo, de Dubuffet et de Matisse en appendice. L’idée est de mettre en éclairage un artiste ami, connu avant la fin du siècle précédent, disparu juste en 2000…). On en parlera prochainement
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6 Janvier

Froidures du matin dans les rues de Nice et même sur la Prom. Mais la France entière est sous la neige. Nous avons ici encore un soleil insolent. Je marche beaucoup le matin. Entre six et dix kilomètres.

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7 Janvier

Il fait grand soleil. Il fait aussi 3°… Ce qui n’empêche pas la bande de forcenés de la plage de l’Opéra de faire trempette comme il le font quel que soit le temps et la saison.

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Funérailles de Brigitte Bardot à saint Tropez. Le général de Gaulle avait dit, le plus sérieusement du monde, eut égard à leur universalité, « la France c’est moi… et Brigitte Bardot ». Qu’en a pensé Yvonne ?

C’est une page de plus de la France des deuches, des 4L, des cinoches de quartiers, à mi-chemin des trente glorieuses, qui s’en va. Une France qui rayonnait bien au-delà même de cette Europe sombre de maintenant. La gauche, toujours reconnaissante, ne lui pardonne pas d’avoir été franchement droitière, loin de tous les garde-à-vous conformistes de tous ces saltimbanques dorés, frileusement assemblés dans la soft idéologie (antiracisme à sens unique) du moment.

On l’enterre donc ce matin au cimetière marin de Saint Tropez. « Je n’ai besoin de personne… », Initials B.B.

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Librairie Masséna. Je viens de reprendre le volume du « Chant du monde » de Giono qui s’est égaré dans l’amoncellement de livres qui parfois disparaissent réellement. Parvenu devant le présentoir des livres de la collection NOUS, je regarde souvent les volumes qui pourraient succéder à ceux de Carlo Levi ou à ceux de Sciascia qui sont autant de retour vers Gênes, Naples ou le sud de l’Italie. Et ce matin, mû par un instinct qui savait où il me menait, ma main se pose sur un volume dont je n’aperçus d’abord que le nom de l’auteur sur la partie supérieure, nom qui m’était totalement étranger, puis dans celle du bas, une magnifique photo de figues de barbarie éblouissante dans leur éclatante maturité. En quatrième de couverture je lus « Gesualdo Bufalino (1920-1996), « citoyen de partout et d’un petit bourg », Comiso, sa ville natale, où il fut enseignant et traducteur. Pour n’importe quel curieux, ce préambule à la découverte d’un auteur ignoré n’en dirait pas plus que cela. A la seule différence que pour moi, Comiso en Sicile, est la ville de naissance de mon grand-père, le Nono, qui vit le jour en 1886, soit il y a exactement cent quarante ans à partir de ce mois de janvier. Il a donc bien fallu qu’un instinct, plus fort que toute raison raisonnante, se pose ainsi, à une date symbolique dans le temps, pour une rencontre fortuite entre un auteur né comme lui dans ce village et s’offre à moi au travers d’un arc de temps et de cette image de figues mures et de souvenirs enfouis de l’enfance.

Il est dit aussi dans cette quatrième de couverture : « Ainsi nous continuons à opposer aux éblouissantes vociférations du soleil la certitude immémoriale que le néant triomphe de toute chose. Et que tant que nos yeux demeureront ouverts, la lumière et le deuil y seront éternellement destinés à se combattre et à s’aimer ». Et la mémoire de s’y immiscer entre temps.

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8 Janvier

A Bernard :

Ce matin, c’est le gel sur les pare-brise. On nous conseille de marcher en esquimau, voire en canard ou en dix heures dix, comme cet été il faudra privilégier l’ombre lors de fortes chaleurs. De même il est déconseillé fortement de ne plus se jeter dans la Seine pour des bains ludiques. De même il ne faudra négliger, en cas de conflit nucléaire, de bien se blottir sous les lits et de n’ouvrir les mallettes aux pansements et mercurochrome gouvernementales qu’en cas d’urgence. Et quand Paris subit deux centimètres de neige, c’est fou comme on en fait la « une » des news 24/24 aux radios de service publique et sur les autres itou. D’autres part, le plus sérieusement et le plus volontairement, les forces européennes s’unissent palabrement pour s’interposer, après signature de paix du conflit ukrainien, aux lisières stratégiques, de même que nous ne ferons courageusement, et diplomatiquement donc, aucune pression pour libérer le malheureux journaliste prisonnier depuis un an à Alger. D’autre part encore, à la décision de Trump d’augmenter de 25% les taxes sur nos produits d’exportation, notre souverain eut hier une phrase historique : « Non Donald, ne fais pas ça ». Il est déjà sept heures du matin, il est temps de se recoucher

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11 Janvier

C’est au grand soleil des terrasses de la Libération, au Gambetta, que nous dégustons ce matin, Yeitson et moi, la douzaine d’huitres de « Gillardeau », la plus charnue et la plus fine qui soit.

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A Bernard :

Je finirais bientôt « la face cachée des Mollah » de Emmanuel Razavi. Excellent document sur les rouages de presque cinquante ans de République islamique. Puis ce sera « 1966, l’année mirifique ». C’est vrai qu’il y a quelques années essentielles avant 68. Des années du monde d’avant. Je me souviens que même les « révolutionnaires » de Mai avaient encore des cravates dans les manifs. Le monde avant le grand décoincement, mais où on a laissé en route des choses qui parlent d’un temps respectable où on vivait bien aussi. J’ai trouvé un volume apparemment anodin dans la collection NOUS qui édite les récits de Carlo Levi ou Sciaccia sur l’Italie. Il s’agissait d’un auteur inconnu né dans le village de Comiso, au cœur de la Sicile où est né mon Grand-père (Nono) ! Me voilà paré pour tout l’hiver. Je m’en vais voir s’il y a encore quelques nuages sur la baie des anges, ce dont je doute vu le grand vent qui a soufflé toute la nuit.
… Monique Ariello me tient au courant de toute l’organisation de la future expo. Elle est très pro dans ses démarches. On verra bien pour la vente de nos images

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18 Janvier

A Bernard :

J’ai hésité à prendre un de ces Krasznahorkai à la FNAC. J’ai trop de lecture en retard. Donc je poursuis « 1966, année mirifique ». Ça pourrait aussi t’intéresser. On est tous passé par cette année-là (comme les autres). Tout dépend ce qu’elle a pu représenter pour chacun de nous/ J’ai immédiatement eu à l’esprit les mini jupes, les vêtements métalliques de Courrèges, les femmes coiffées comme Sylvie Vartan. Les robes et les jupes étant portées au-dessus du genou par toutes les femmes, le tout était de savoir de combien de centimètres. Les moins audacieuses en restaient à cinq centimètres, d’autres osaient bien plus. Ce fut un des soucis de 66 ! Puis il y eut le jerk, qu’on a beaucoup oublié, aussi subversif, voire plus que certaines revendications de 68. 66 a vraiment été l’antichambre non prévisible, mais inexorablement causale de ce qui allait se produire. L’auteur, Antoine Compagnon, rappelle que les deux plus grands romanciers, Malraux et Mauriac, rivalisaient à distance. Le banquet (200 personnes) des 80 ans de Mauriac a été l’occasion de verser pas mal de fiel dans le milieu littéraire. Aragon faisait une préface de Barrès (!) et d’Ormesson n’avait pas encore éclos. Je n’en suis qu’au cinquième de ce pavé (500 pages) et les chapitres concernant les réformes des système scolaires et universitaires rappellent que, bien avant 68, des changements importants avaient été amorcés. Bref, un bon rappel d’une année qui a marqué ce qui fut une étape de l’adolescence, l’année aussi de Rubber Soul, où l’on pensait que les Beatles seraient éternels avec l’insouciance que chaque jour confirmait. Contrairement à certains livres dont je me débarrasse, les murs n’étant pas extensibles, celui-ci restera pour mémoire dans un coin de bibliothèque.

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20 Janvier

Généralement les vœux présidentiels engagent l’avenir vers l’espérance, la page de l’année se tournant s’ouvre sur de grands projets ou à défaut sur des perspectives mobilisatrices et fédératrices de toute la nation Au lieu de quoi, en cette fin 2025 on a vu notre président n’avancer durant les quelques minutes crépusculaires de son allocution, qu’un seul projet d’avenir, celui qu’il souhaite voir adopter avec l’arrivée de 2026, la loi sur l’euthanasie… Comme un résumé symbolique, tout à la fois, de sa propre disparition programmée qu’il n’envisage guère d’autre issue pour le pays que le choix et le moment de sa propre mort.

Instinct de mort pour perspective. C’est l’image d’un précipice annoncé.

Voilà, au terme de neuf années de schizophrénie démocratique entre un autocrate et son peuple, la triste perspective appelée de ses vœux.

Loin, bien loin d’une remise à plat d’une politique nataliste encourageant une démographie aujourd’hui essoufflée et compensée depuis longtemps par le continent africain. C’est avec un sourire crispé qu’il annonce la seule espérance qu’il nous souhaite, ce pari sur la fin de vie, sur ce que nomment les sophistes en mal de vérité crue, l’assistance de fin de vie.

Clap final.

La SNCF inaugure parallèlement une série de wagons NO KIDS…

En d’autres temps, certains emplacements de bus urbains étaient NO NIGGERS…

Progressisme.

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21 Janvier

Comme tous les ans, c’est l’anniversaire du régicide de 1793, 21 janvier…

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Puisque de régicide on n’en fait plus depuis la Révolution, il faut noter que la France n’a pas de chance non plus avec ses deux derniers Présidents, et noter aussi que ces deux derniers élus de la Nation sont issus du socialisme. Depuis les débuts de la V° République on est passé du septennat au quinquennat, et malgré tout, ces deux derniers présidents semblent à bout de souffle avant même la fin de leur mandat. François Hollande est le premier du long cortège des élus depuis 1958 à ne s’être représenté pour un second mandat. Son triste bilan quinquennal lui aurait renvoyé en miroir un examen de conscience que l’honnêteté envers lui-même l’aura poussé à jeter l’éponge. Quant au Président M, apparu hier comme pour une scène de Top Gun (lunettes noires à la Conférence de Davos : on hésite entre le rôle d’un éligible aux oscars d’Hollywood dans le meilleur des cas, ou d’un affranchi du narcotrafic, dans le pire), l’opinion publique au travers des sondages et d’enquêtes diverses, en est au point de penser qu’une démission serait la solution la meilleure avant de provoquer un trop plein d’impatience, que quinze moins encore ne sauraient rendre supportable.

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Pourquoi le socialisme est-il encore en vie ? Parce que la France, contrairement à ce qu’elle laisse croire de la devise ornant ses frontons, a l’égalité dans le sang. La fraternité n’étant qu’un leurre, la liberté ne se contrôlant pas chez autrui, le français est viscéralement attaché à la seule valeur d’égalité sur laquelle il peut individuellement (et collectivement à l’Assemblée ou ailleurs), exercer un contrôle d’où il peut revendiquer le droit de taillader ce qui dépasse chez le voisin.

Coupeur de tête, coupeur de privilège.

J’ai vu, dans l’Education Nationale des années quatre-vingts dix, des classes expérimentales d’enfants à la compréhension et au développement supérieur rejetés par les Rectorats sous la pression de syndicats invoquant l’inégalité dans le traitement global en regard des classes de niveaux inférieurs. Il s’en est ensuivi rapidement une disparition de ses classes d’enfants au développement jugé « supérieur » et un retour à une égalité des chances par le toujours facile nivellement par le bas.

Pour une discrimination positive beaucoup plus conforme à l’égalité des chances nous a-t-on dit.

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22 Janvier

Je retrouve sous un amoncellement de livres, les peintures de Serge Belloni « le peintre de Paris », seul poète à s’apparenter, par la perfection poétique et sensible, à Maurice Utrillo.

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27 Janvier

A Bernard :

Justement, la rubrique Marchand me semble bien construite, sinon que j’aimerais enfin voir apparaître la photo de ma première expo (été 85 à St Jean) simplement légendée des personnes qui y figurent. : Monique Hervieu, Cécilia, Louis Marchand, Marie-Paule Marchand et Paul Hervieu. Sans autre explication. Sur cette photo on voit apparaître un pastel qui a été reproduit en très grand nombre et qui tapisse peut-être encore certains intérieurs. Je me souviens en avoir donné à des amis. Cette image est même allée jusqu’en Autriche, chez la marraine d’Hélène. Si on compare avec ceux présents en 2019 (il faut aussi faire figurer cette photo du vernissage, ainsi que celle du portrait de Utrillo avec sa femme en exergue aux lettres de celle-ci). Alors la rubrique sera achevée. Je finis à peine « 1966… », année vraiment de tourbillon qui couve Mai deux ans plus tard. Quand je pense que j’avais 14 ans, et que le souvenir que j’en ai est fait de douceur, d’indolence et d’insouciance… Je vais peut-être ouvrir un roman, quelque chose qui me change de tant de réalités passées ou présentes. On part le 15 mars pour Prague, j’ai déjà le cartoville, mais est-ce bien nécessaire, il me semble que je connais la ville comme ma poche.

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« L’année mirifique… 1966 ». Du plus loin de mes quatorze ans, je la voyais douce, encore dans les limbes d’une enfance qui n’en finissait pas de finir, le collège Saint Philippe au pied des Collinettes avant le grand lycée du Parc Impérial. Et pourtant, s’il fut une année turbulente, c’est bien celle-ci, transitoire peut-être, mais découlant d’une logique qui verrait les soubresauts de Mai comme convulsions d’un monde qui viendrait, rejetant l’ancien. C’est le déclin de Sartre, par la vague nouvelle, Deleuze, Foucault, Barthe, la French Theory avant son interprétation américaine, la déconstruction de l’Homme, puis la mort de celui-ci (Foucault), les querelles du Nouveau Roman déjà à jeter aux orties, tout n’étant plus que linguistique, langage, structure de texte. C’est l’achèvement du sujet obsolète, du psychologisme romanesque, la mort de Balzac et Zola à la fois. Roman Jacobson, le temps d’une saison pape du formalisme à l’occidentale, jette les bases de nouvelles règles, on déterre Saussure, le cinéma accouche de Au Hasard Balthazar et de Masculin Féminin, parallèlement à la Grande Vadrouille, des univers qui se tournent le dos. C’est l’année où se pose la question de la primauté de la Sorbonne ou de l’Ecole pratique des Hautes Etudes (fallait-il chercher le diable dans le détail), l’année de grandes restructurations de l’éducation nationale et de toute l’Université, du débordement des inscriptions en faculté, l’élaboration de divers numerus clausus et du barrage féroce de la Grammaire et Philologie afin d’endiguer l’afflux d’étudiants en Lettres Modernes, le nombre d’étudiants ne pouvant déboucher mécaniquement vers l’enseignement. C’est bien sûr, pour ce qui restera comme photo de ce temps, les mini-jupes, les coiffures à la Sylvie Vartan, l’apogée des Beatles, le transistor qui s’évade du poste de radio familial, les copains et ce que Edgard Morin nomma les yéyé (dernier avatar de l’étoile filante Presley), le classieux « Chapeau melon, bottes de cuir », et puis c’est aussi l’année de nos quatorze ans, les mercredis à jouer au ballon dans les cours et les morceaux de terrain qu’on annexait le temps d’un après-midi, et les quelques peu de jardin à notre disposition. Et puis on commençait aussi à prendre conscience de ce qu’on ne nommera qu’en 1985, la Shoah.

66, c’est aussi mon premier Juillet à Moulinet. Ce n’est évidemment pas dans le livre.

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2 Février

A Bernard :


Tu verras ce mois de janvier est assez dense. Le Carnet par contre, un peu maigre. Mais que peut-il se passer en janvier. C’est un peu comme un lundi en grand.
Ici on nous promet un milieu de semaine très arrosé. J’en profite pour marcher sur la Prom à l’heure où le soleil est à peine levé. C’est très poétique cet espace quasi désert, large et n’en finissant pas devant soi. J’y vais parfois entre la fin des éclairages nocturnes et juste avant le soleil, une sorte de chien et loup du matin. Ça vaut la peine.
Je suis plongé dans la lecture de "la lumière et le deuil" de Bufalino, enseignant obscur et écrivain à Comiso, au cœur de la Sicile où le nono est né aussi et je l’apprends d’hier, Salvatore Adamo. Du coup, ça fait du monde pour un obscur petit village. Il nous parle d’anciennes traditions qui tendent à disparaitre, même dans ces lieux reculés, de souvenirs d’enfance, des contrastes entre le soleil et la ténébrosité des mœurs, mais il hésite à définir si c’est l’Italie du Nord qui inspire cette insularité ou si ce n’est pas la Sicile qui imprime sur le continent. J’en suis là. La dernière partie de la chronique sera réservée au village lui-même. Peut-être y verrais-je quelques signes, quelques vestiges rencontrés par mon grand-père, bien que celui-ci n’ai jamais été très disert. Plutôt un bourru fier…
Voilà, des lectures qui parlent du passé, 1966, Comiso etc. Pour l’anticipation, il y a ma poésie

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5 Février


A Bernard :


Je viens d’achever la chronique sicilienne de Bufalino. Les derniers chapitres seuls parlaient de la ville de Comiso. Mais avec une chaleur et une réelle tendresse pour un monde déjà disparu. Et pourtant l’auteur est d’une génération ultérieure à celle de mon grand-père, né en 86.
Je viens de commencer un roman, une fiction qui pourrait avoir eu lieu, les "maîtres de Bayreuth" où l’on met en scène de grands critiques spécialisés, des opposants, ceux de la vieille garde, la nouvelle etc. Comme si on était dans les petits bistro alentour où se font les légendes et se défont les réalités. Il paraîtrait que pour avoir des places à Bayreuth on n’attend plus que 4 ans, où il fallait patienter dans les années 70, une douzaine d’années… Pas sûr donc d’être encore en vie. Des japonais ont payé une petite fortune pour avoir gagné une année. Un microcosme que ne comprennent que les initiés.
L’année 66 n’est pas en elle-même une année pivot, mais elle préfigure la bascule qui n’a pas manqué d’arriver. Elle demeure ce qu’on appelle,, dans le jargon du vin, une année masquée par 68, tout en étant porteuse de bien des prémisses.
Comme toi, je pense que 69 aura été l’apogée de l’adolescence avec son lot d’insouciance et un avenir encore indéfini.
Pour ce qui concerne le RN, tu sais bien que les opposant médiatiques systématiques et les poursuites judiciaires de plus en plus à l’œuvre, ne font que servir ce parti. Et je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de rieurs. Douze millions d’électeurs hier, demain combien ? C’est ce qui
compte.

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6 Février


A Bernard :


C’est vrai que France Inter (que je n’écoute pas, mais dont j’ai des échos) ne cherche que le travers, l’anecdote, faire trébucher les invités qui ne sont pas de leur sensibilité, et ne critique jamais sur le fond (qui ne les intéresse guère)
Pour Wagner à Bayreuth, il n’y a pas de désistement, mais on s’enquiert d’une liste de personnes qui, en trois quatre années après avoir obtenu leur billet, décèdent. Surtout quand la réservation couraient sur une douzaine d’années.
Il faut dire que Bayreuth est un monde en lui-même. J’avais d’ailleurs écrit un jour que Wagner avait réussi avant même les pharaons, à se faire immortaliser : de son vivant. Les monarques égyptiens devaient attendre leur trépas pour y accéder. Aucune star du rock (même Presley et sa maison qui se visite), ni aucune star de cinéma n’a pu entretenir "vivante" par la diffusion chaque année, chaque été, par le biais de leur œuvre, le culte de leur personne. Wagner c’est en effet, l’aboutissement non seulement du romantisme allemand, mais il avait pensé en même temps au lieu (la colline sacrée), et à la répétition annuelle de cette œuvre. Comme une messe. D’ailleurs à "Parsifal" il est de mauvais goût d’applaudir. Entretenant la légende autour de tous les personnages de ces Nibelung, du mythe de l’or corruptif, de la trahison, du Rhin éternel, du héros sanctificateur, bref, plus qu’il n’en fallait pour enflammer les esprits au-delà même d’une musique agissant comme un philtre (qui traverse d’ailleurs son Tristan). Tu aurais été peut-être déçu par quatre fois 4 h. Ça peut être indigeste. On entre dans le Ring après pas mal d’écoutes, pas à pas, voire d’initiation à la symbolique des personnages. Je conseillerais d’écouter les interprètes légendaires des années trente (l’âge d’or dit o-n) dont on trouve des pages suffisamment éloquentes. Le couple le plus illustre étant Lauritz Melchior et Kirsten Flagstad. On peut trouver même des intégrales de leurs multiples interprétations ; Bayreuth conserve tous les enregistrements systématiquement depuis l’origine. Les minutages etc. On avait reproché à Boulez d’avoir dirigé trop rapidement en 76 lors de ce Ring devenu légendaire. En comparant les tempi, et donc les minutages du premier interprète, Hermann Lévi (1876), on s’est aperçu, qu’ à une minute près, sur une durée de plusieurs heures, la durée était la même !.
Voilà, c’était le moment wagnérien. J’espère ne pas t’avoir trop saouler.

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7 Février


A Bernard :


Nous, nous perdons de plus en plus le sens de nos racines. Nous sommes à peu près les seuls en Europe, mais je suppose que dans les autres cultures (et les extra européennes c’est pareil) , le souci des racines et de la continuation, de la transmission de l’héritage, est une chose évidente, voire sacrée parfois. Je me souviens d’une préface aux Trésor des Contes d’Henri Pourrat, un nom qui ne dit pas grand-chose aujourd’hui, qui disait que dans un pays ayant le sens de la mémoire vivante de son patrimoine, dans toutes les écoles on enseignerait la subtilité de ces contes (Il en a recueilli plusieurs milliers qui recoupent des contes du bout du monde. Il disait qu’en Auvergne on a gardé encore un peu ce sens du patrimoine des sagesses ancestrales. Le préfacier prenait en exemple des contes de Grimm qui étaient enseignés aux petits allemands et faisaient partie de la mémoire collective. C’est vrai donc que les légendes du Nibelung sont sujettes à interprétations, à digressions parmi les gens de culture à Bayreuth mais pas seulement.

Monique Ariello m’a donc envoyé un premier encadrement de mon Polyptyque Bosch et ne tient pas à ce que je partage les frais de présentation. Ça me gêne un peu. Elle a déjà négocié l’emplacement mural de la salle. Le jour du vernissage on sera concurrencé par la "fête de l’eau vive" (compétition de canoë-kayaks) dont Marjia Stojnic est fan). J’ai une copine (Dégus) qui habite Barcelonnette. Elle est ravie. On ne se voit pas depuis dix ans au moins.

J’ai revu hier soir "une histoire simple" de Sautet. Je confirme que je n’aime pas Romy Schneider "
Ce qu’il faut bien que tu comprennes, c’est que je ne veux plus vivre avec toi. Je suis une femme libre. – (Waouh) et que tous ces gens qui enfument les restaurants les amphithéâtres et les moindres espaces publics au travers d’histoires de mal être, de jeux de quatre coins sexuels, de dépassement du capitalisme, ont pris un gros coup de vieux.

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10 Février


A Monique Ariello :


Sais-tu que nous connaissons bien Le Barroux pour s’y être perdus la nuit en cherchant à y arriver ? C’était du temps des démêlés de l’Eglise avec Monseigneur Lefèvre. On est parvenu au monastère à l’heure de la messe basse. Nous sommes restés tout au fond de l’église. La lumière était irréelle à la tombée de la nuit. Je sais qu’il y a, un peu à l’écart, dans une propriété privée (un chien nous a aboyé et on nous a menacé d’un tromblon), une magnifique église romane dont on n’aperçoit que le chevet.
J’attends l’image du vitrail avec impatience.

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11 Février


A Bernard :


Je n’ai pas de nouvelles depuis une semaine. Je ne sais pas même si tu as lu le janvier poétique. J’espère que tout va bien (?!). Je t’envoie des nuages et des rivages du matin. J’espère que tu apprécies la variétés de ces lumières….
Et puis cette année, ce sont les 10 ans du Livre des Répons. Je n’ai aucune nouvelle de l’éditeur, pas plus que du flux des ventes, hum… , qu’on me faisait parvenir une fois l’an. J’ai pensé écrire la Femme de Chambre, mais l’idée m’en a été volé juste à temps. Je crois que la FNAC est hantée par cette autrice (Mc Fadden ?). On a l’impression que les petits soldats moutarde ne font tourner la boutique qu’autour de ce "produit". Il pourrait se contenter de vendre cette femme de chambre et quelques trottinettes à 1000 balles, ce serait le rêve. Meilleur vente 1,2,3, 4 etc. « femme de chambre »… Il y a comme ça des rengaines saisonnières chez eux.
Je me suis décidé à lire "la meute", sortie en pocket. Je n’aurais pas déboursé 25 euros en broché pour des journalistes de Libé. (Une affaire de divorce provisoire entre Socialistes et insoumis). Il faut dire que c’est extrêmement documenté, mais venant de collègues qui ont des méthodes relativement jumelles, ils connaissent… Bien qu’on soit encore surpris par l’autocratie du lider maximo vraiment hors norme. Certains députés Insoumis sont rayés de la liste des européennes sans être prévenus, simplement en lisant la liste électorale où ils ne figurent plus. Je me dépêche de le finir, je ne tiens pas à rester trop sur ce sujet.
Je ne tarderai pas à t’envoyer la première série de RIVAGES, et laisserai un temps assez long pour que tu ne t’emmêles pas avec la suite.

En espérant avoir de tes nouvelles très bientôt. Monique m’a envoyé un prototype (pas encore arrivé) de mes vitraux virtuels (Polyptique Bosch), dimension un peu plus grande que A4. Les cinq réunis ça fera un beau panneau

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15 Février


A Bernard :


Trump parle de l’écologie dans un contexte différent. Dommage que tu n’aies pas un son convenable. Tanguy est un excellent orateur qui réveille souvent sur les bancs de l’Assemblée. Je sais que parler d’écologie est souvent superflu, malheureusement c’est toute notre politique qui est conditionnée par elle, de l’éolien aliénant à la mise en demeure de nos énergies nucléaires, aux normes agricoles qui musèlent nos paysans, jusqu’à cette obéissance aveugle à une Europe allemande qui en est revenue à ce qui pollue le plus, le charbon. Triste.

Je t’ai donc envoyé deux séries de Rivages. Il y en a quelques autres qui devraient arriver.

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17 Février


J’ai enfin trouvé une ostéopathe qui a soulagé mes épaules. Laureen Aubrée à Cagnes-sur-Mer. Je désespérais de ces douleurs parfois lancinantes depuis presque vingt-cinq ans. A la voir on dirait une adolescente fragile. Elle n’a certainement pas trente ans, blonde rousse à la peau blanche et aux yeux de miel. J’ai bien cru même, devant cette apparence de fragilité, que j’aurais un excès de timidité. Sa franchise et sa fraicheur de conversation m’ont au contraire mis à l’aise. Pour ce qui est de l’essentiel, elle a réussi où d’autres déroulèrent simplement leurs petits savoirs manuels.

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A Monique Ariello :


 Mallarmé, un de ceux qui m’ont longtemps accompagné

Je pense souvent à Claude Lorrain. Il y a un passage que tu n’as peut-être pas remarqué mais je cite carrément le nom de " l’embarquement de Sainte Paule au port d’Ostie", puis à un autre endroit, "les larmes d’Ezéchiel pleurant sur les ruines de Tyr". Le plus fort c’est que je ne sais plus dans quel poème …

Wagner est difficile pour beaucoup. Mais si tu fais l’effort d’écouter le Prélude à "l’Or du Rhin", c’est une des plus belles tentatives musicales de création du monde. Une longue montée progressive, partant du presque silence pour finir dans de lumineuses et chaudes tonalités majeures. Après ça se corse..

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19 Février


A Bernard :


Lorsque je les ai vues gigotant sur leurs chaises bleues, face à la mer, je me suis dis, voilà, j’ai trouvé mes modèles du jour. Mimosas, pull multicolore cheveux rouges. Je les ai suivies, je me suis approché à presque un mètre. A aucun moment elles ne furent troublées dans leur exercice nombriliste, tantôt le portable tourné vers le ciel, tantôt vers leurs pieds. Puis je me suis focalisé surtout sur celle dont je t’ai envoyé l’essentiel. Cela a duré presque une demie heure. Sur les galets, sur la promenade, de près, de loin, sans qu’à aucun moment elle ne se doute qu’on était en pleine séance shooting. Et toujours le bouquet de mimosa dans son emballage cellophane d’un côté et le portable rose de l’autre. Jusqu’à ne pas savoir quelle posture prendre, avec toujours des gestes infantiles Un grand moment qu’elle est loin d’avoir imaginé. J’ai pensé lui montrer l’ensemble, puis je me suis ravisé. Peut-être qu’elle aurait aimé se voir vue par un autre.
Voilà, ça mérite bien qu’on fasse une « COREENNE » très bientôt.

Ca me rappelle un moment fort, vers 1990, à Salzbourg, en grimpant à l’escalator de la gare, on vit en grand format (genre publicité qu’on peut voir dans les couloirs du métro), le portrait géant de Cécilia qui servait de pub pour l’école de langue dans laquelle elle avait travaillé cinq ans avant. Un choc !
Peut-être que la coréenne se verra quelque part depuis cette plage de galets…

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21 Février


Matinée à Vintimille avec Kamel. Soleil radieux à siroter sur la terrasse près du marché couvert. La ville est embellie.

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22 Février


La France est inouïe. Le délégué aux relations culturels avec le Vatican a fait parvenir à celui-ci, la semaine dernière, ses meilleurs vœux de ramadan. On s’étonne ensuite que nous ayons le sentiment d’un trop plein administratif dans le pays.

Cette semaine aussi, le Président M a fait parvenir un message des plus désagréables à Madame Meloni, comparant les Français et les italiens à un troupeau, « et si chacun s’occupait de ce qui le regardait, les moutons seraient bien gardés ». Nous apprécions.

Le même président donnant des leçons bien appuyées à la terre entière se fâche maintenant avec l’Italie, après avoir essuyé le mépris de Trump, Poutine et de Si Jinping…

Il ne comprend décidemment pas pourquoi l’Allemagne et l’Italie se rapprochent, considérant les intérêts respectifs de leurs pays, laissant M psalmodier toujours plus sur l’avenir de l’Europe.

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A Bernard :


Non, c’est vrai, elle pouvait être japonaise. Mais la première réaction que j’ai eu c’est de me dire "tiens une coréenne rousse"… Donc le titre sera "coréenne". Je regrette surtout de ne pas lui avoir montrer toute cette série d’images. Elle aurait été étonnée, peut-être même bien flattée. Les filles sont souvent nombrilistes. On voit rarement des garçons se prendre en photo à chaque fois qu’une occasion se présente. Et chez certaines filles, ça tourne vraiment à un doux narcissisme affiché. Mais s’en rendent-elles bien compte ?

Je suis allé à Vintimille ce matin avec un pote de l’ex Sauveur. Il faisait un temps radieux. J’ai fait des provisions de pâtes qu’on ne trouve pas ici. La ville s’est vraiment embellie. Et on n’entend pratiquement pas parler italien. Même la machine à carte bleue indique en français. On a payé 5 euros pour un café et un vin rouge. Servis avec 6 ou 8 petits morceaux de pizza. On passerait presque pour des pingres de l’autre côté de la frontière. Mon pote me disait que ce sont les répercussions des taxes sur tout ce qui bouge en France…

Je relis, non pas un auteur irlandais, mais un Giono que je n’avais plus ouvert depuis longtemps "le chant du monde". De la pure poésie prosée.

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23 Février


Les premières fleurs blanches dans les arbres d’un printemps précoce, tous les ans plus précoce

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24/25 Février


Etrange pays. Etranges médias… Un jeune homme, Quentin, a été lynché par une milice d’extrême gauche revendiquée, et toute la semaine les médias se sont efforcés d’inventer un récit qui accablerait l’extrême droite.

Tout ce qui est à droite de LFI est désormais en territoire fasciste.

Quentin est le facho tout trouvé puisque sa seule appartenance à l’église catholique en fait de facto un fasciste. Un intégriste qui suit la messe en latin. Fasciste donc. Et nationaliste. On peut lyncher.

Tous les médias ont même bien insisté, avec le zèle unanime de ceux qui manient avec sureté les causes et les effets, sur l’appellation très contrôlée de nazi, nazillon et néo nazi. Selon.

Deux perles, mais venant comme il se doit, des plus hautes instances de gauche :

Mélenchon : « Les pétainistes sont de retour » …

Mieux encore, dans cette déclaration de Sandrine Rousseau, (née en 72), il y a la qualification tout à la fois de fascisme et de décolonialisme : « J’ai été agressée par des membres de l’OAS ». Historique.

Pour mieux nazifier, rien de tel que de déshumaniser :

Mélenchon répondant à une journaliste (Le Média) toute acquise au lider maximum faussement ignorant : (« Quentin, qui c’est ? vous voulez parler de Quentin Deranque ? »

– « Oui, le néo nazi… ». C’est bien de se corriger.

J’aime aussi l’expression tout en nuances : Extrême droite radicale. Y a-t-il au-delà, en cherchant bien ? En raclant peut-être plus encore ?

Le catholicisme et le nationalisme sont devenus à gauche péché mortel. La Nation, c’est bon pour l’Ukraine, pour d’autres. Pour d’autres frontières à défendre. Pour la Palestine.

Mélenchon hait les racines de notre civilisation, notre patrimoine et notre mémoire. Ce qui lui donne tant de facilité pour se courber et cajoler les babouches de l’Islam, seule spiritualité admise par Foucault et les grands intellectuels français depuis le XX° siècle.

Sartre disait : « l’enfer c’est les autres ». C’est exactement ça.

Que Mélenchon réactualise avec « les fachos c’est les autres ». Tous les autres.

La République c’est lui.

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Pasolini, il y a déjà bien longtemps : « le fascisme reviendra, ce seront les antifascistes ». Rien de nouveau

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